Eric et son Blog

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jeudi 19 juin 2008

Office war

Une scène pas si fictive que ça dans les bureaux:

Dans un de mes projets précédents, la plupart des membres de l'équipe étaient armés avec des armes comme celles dans cette séquence, la panoplie Nerf. Contrairement à ces fonctionnaires qui déconnent de 16h30 à 17h pile et puis rentrent chez eux sans nettoyer, nous avions toujours nos armes à portée de main. "Eric, je viens encore de changer la specif... <fump> <fump>" Il n'y a rien de tel pour appaiser les tensions que de tirer une fléchette sifflante au milieu du front de son chef. Evidemment, quand la pression montait chez tout le monde, ça virait vite à la bataille rangée avec des chaises de bureau en guise de char d'assaut, des armes scotchées sous les tables, les armes "moddées" pour tirer plus fort et donc plus droit...

Par contre, réunir autant de fadas pour faire cette vidéo et perdre un jour ou deux pour une connerie, faut le faire. Un peu comme faire débarquer des centaines de zombies dans la rue... :)

vendredi 13 juin 2008

Traversée de poissons rouges

Ma fille (3 ans) est en plein trip "panneaux routiers". Elle en maîtrise déjà la plupart qu'elle annonce fièrement au fur et à mesure. Aujourd'hui, elle a vu le panneau "traversée de gibier":
traversée gibier

"- Papa, c'est quoi ce panneau ?
- Ca veut dire qu'il y a du gibier, des animaux sauvages qui peuvent traversent. Dessus il y a un cerf dessinée. Mais il pourrait aussi y avoir des biches, des faons, des sangliers, etc.
- Et des chiens ?
- Non, les chiens ne sont pas des animaux sauvages.
- Des chats ?
- Non plus.
- Des chevaux ?
- Non plus ma puce (je me marre en imaginant le cheval traverser en sautillant comme une gazelle)
- Des poissons ?
- Ma puce, petit rappel de barême..."

J'imagine le panneau "attention, traversée de poissons rouges !"

jeudi 5 juin 2008

Si - Kipling

Si

Si tu restes ton maître alors qu'autour de toi
Nul n'est resté le sien, et que chacun t'accuse ;
Si tu peux te fier à toi quand tous en doutent,
En faisant cependant sa part juste à leur doute ;
Si tu sais patienter sans lasser ta patience,
Si, sachant qu'on te ment, tu sais ne pas mentir ;
Ou, sachant qu'on te hait, tu sais ne pas haïr,
Sans avoir l'air trop bon ou paraître trop sage ;

Si tu aimes rêver sans t'asservir au rêve ;
Si, aimant la pensée, tu n'en fais pas ton but,
Si tu peux affronter, et triomphe, et désastre,
Et traiter en égaux ces deux traîtres égaux ;
Si tu peux endurer de voir la vérité
Que tu as proclamée, masquée et déformée
Par les plus bas valets en pièges pour les sots,
Si voyant s'écrouler l'œuvre qui fut ta vie,
Tu peux la rebâtir de tes outils usés ;

Si tu peux rassembler tout ce que tu conquis
Mettre ce tout en jeu sur un seul coup de dés,
Perdre et recommencer du point d'où tu partis
Sans jamais dire un mot de ce qui fut perdu ;
Si tu peux obliger ton cœur, tes nerfs, ta moelle
À te servir encore quand ils ont cessé d'être,
Si tu restes debout quand tout s'écroule en toi
Sauf une volonté qui sait survivre à tout ;

Si t'adressant aux foules tu gardes ta vertu ;
Si, fréquentant les Rois, tu sais rester toi-même,
Si ton plus cher ami, si ton pire ennemi
Sont tous deux impuissants à te blesser au cœur,
Si tout homme avec toi compte sans trop compter ;
Si tu sais mettre en la minute inexorable
Exactement pesées les soixante secondes
Alors la Terre est tienne et tout ce qu'elle porte
Et mieux encore tu seras un homme mon fils !

Rudyard Kipling (1895), traduction de Germaine Bernard-Cherchevsky (1942). J'aimais beaucoup ce texte dont je n'ai découvert la totalité que récemment chez Grange Blanche aka Lawrence Passmore.